Parts sociales des banques : ce qui change en 2017.

Des rendements en hausse ! Si les banques mutualistes le souhaitent, leurs AG pourront voter des taux nettement en hausse pour la rémunération 2016 de leurs parts sociales, suite à l’entrée en vigueur de la loi Sapin 2. Un texte qui a aussi des incidences sur le mode de commercialisation du capital social aux particuliers.

Neuf millions au Crédit Agricole. Quatre millions à la Banque Populaire. Plus de 7 millions au Crédit Mutuel. De très nombreux clients bancaires détiennent des parts sociales en France. Un produit spécifique, souvent détenu en petite quantité, et qui concerne toutes les banques mutualistes, de la Caisse d’Epargne au Crédit Coopératif en passant par les établissements précités.

Les parts sociales permettent au détenteur de profiter de quelques avantages, mais elles n’offrent ni garantie en capital ni rémunération élevée en cette période de taux bas. Or, de par leur statut mutualiste, ces groupes bancaires ont besoin de maintenir leur vivier de sociétaires. Pour que la rémunération puisse redevenir attractive, la loi Sapin 2 a modifié le mode de calcul du rendement annuel maximum.

Une rémunération maximum portée à 3,23% en 2017 !

Longtemps, la rémunération a été plafonnée au taux moyen de rendement des obligations des sociétés privées (TMO). Mais, sur l’année 2015, ce TMO est tombé proche de 1% avant de passer sous cette même barre (0,72%) en 2016. Dans un premier temps, un décret (1) a permis de lisser la chute du TMO en prenant en compte la moyenne de ce taux sur les trois dernières années civiles. Pour la rémunération de l’année 2015, dont le taux a été fixé lors des assemblées générales des banques mutualistes à la mi-2016, les rendements ont donc pu grimper jusqu’à 1,81% malgré la faiblesse des taux.

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Benoit Lety - 26 Janvier 2017 - Cbanque.com
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Tarifs bancaires : pourquoi les frais de tenue de compte ont explosé

Dans une étude, Emmanuel Constans, président du Comité consultatif du secteur financier, passe au crible l’augmentation des frais de tenue de compte ces dernières années, et tente d’expliquer le choix des banques.

Une « extension sensible en deux temps », d’abord au début des années 2010, puis depuis le début de l’année 2016, aboutissant désormais à une « quasi-généralisation » : l’étude (1), publiée conjointement au rapport 2016 de l’Observatoire des tarifs bancaires, prend acte de cet « événement majeur dans le paysage français des frais bancaires ». Désormais, selon les enseignes, 10% à 50% de la clientèle bancaire (2) s’acquitte chaque année d’une vingtaine d’euros en moyenne, et jusqu’au 150 euros dans certains cas, pour disposer d’un compte courant. Une rupture de la tradition française qui voulait jusqu’ici que la tenue de compte soit un service fourni gratuitement par les banques, en échange des dépôts qu’elles recevaient de leurs clients.

Lire aussi : La spectaculaire flambée des frais de tenue de compte

Comment expliquer cette évolution ? Les clients, en tout cas, peinent à comprendre. Logique : le rapport note « qu’à quelques notables exceptions près, la généralisation des frais de tenue de compte n’a pas été accompagnée d’une information adaptée des clients par les établissements ». Sans doute parce que les banques ont estimé qu’expliquer était potentiellement plus dommageable pour elles que garder le silence…

Des frais qui ne correspondent pas à une amélioration du service…

Le rapport le montre en effet : l’extension des frais de tenue de compte ne s’est pas accompagnée de l’apparition de nouveaux services. Tout juste le texte pointe-t-il une augmentation des charges liées aux systèmes informatiques, dans un contexte d’explosion de l’usage des canaux bancaires numériques, sur web et mobile. Des dépenses qui n’auraient pas été totalement compensées par les économies réalisées grâce à la réduction des réseaux physiques.

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Par Vincent Mignot - Jeudi 29 Décembre - cbanque.com
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Quels seront les placements gagnants en 2017 ?

Des taux de l’assurance-vie qui s’annoncent en forte baisse pour 2016, les marchés boursiers sur courant alternatif, le nouveau PEL qui ne rapporte plus que 1%… Après une année 2016 plutôt morose, quels placements pourraient tirer leur épingle du jeu en 2017 ?

L’année 2016 n’a pas consacré un produit star. Les collectes en témoignent puisque le champion des dernières années, l’assurance-vie, a fini par tomber dans le rouge, de manière symbolique, en octobre. « Jusqu’à présent la France avait résisté à la baisse des taux, notamment sur l’épargne réglementée », analyse Didier Davydoff, directeur de l’Observatoire de l’épargne européenne (OEE). « En 2016, il y a eu des ajustements, on assiste donc à un dégonflement de l’épargne réglementée », sur le Plan épargne logement notamment.

Quels placements vont attirer en 2017 ? Quels paris les épargnants et investisseurs peuvent-ils tenter ? « C’est peut-être encore plus illisible qu’il y a un an ! », affirme d’emblée le conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) Yves Gambart de Lignières. Tentatives de réponse, produit par produit.

Assurance-vie : les Français prêts à prendre des risques ?

La tendance s’est amorcée en 2015, elle se confirme en 2016. Les supports en unités de compte (UC), sans garantie en capital à la différence des fonds en euros, drainent désormais la majorité de la collecte nette (versements moins retraits). Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette des UC atteint 13 milliards d’euros, pour 16,8 milliards au total. Les épargnants ont-ils basculé des fonds en euros vers les UC, comme le souhaitent les assureurs ? « J’hésite beaucoup à parler de bascule », tempère l’économiste Didier Davydoff. « En regardant les cotisations [collecte brute, NDLR], on s’aperçoit que les UC représentent moins d’un quart des flux. Cela me paraît encore fragile comme évolution. »

1,70% pour les fonds en euros en 2017 ?

En annonçant des rendements 2016 en recul, et en mettant en avant des bonifications en cas de versement sur les UC, les assureurs vont toutefois intensifier leurs incitations à investir sur les supports risqués. « Il y aura sans doute des baisses de l’ordre de 0,60 point [pour les rendements 2016 des fonds euros, NDLR], ce qui est assez inédit dans l’histoire de l’assurance-vie », juge José Fernandez, directeur de l’offre financière de l’UFF. Et les rendements 2017, ceux qui seront annoncés dans un an ? Dans ses pronostics, AG2R la Mondiale prédit une baisse moins prononcée : 1,70% en moyenne au titre de l’année 2017, contre 1,90% pour 2016.

Conseil d’expert

« Il y aura toujours une place pour le fonds en euros dans une allocation ! » estime José Fernandez, du réseau de conseil patrimonial UFF. « Cela reste un instrument de sécurisation et de stabilisation : il ne faut peut-être en conserver que 15% à 20% de son allocation mais sans se désengager de façon brutale. »

Bourse et placements risqués : ne pas se préoccuper des chocs ?

Chute de la bourse début 2016, Brexit, élection de Donald Trump : les marchés boursiers ont été extrêmement heurtés en un an. Pour un résultat finalement surprenant : le CAC40 va clore l’année en hausse. « Les actifs risqués devraient à nouveau séduire en 2017 », juge José Fernandez, de l’UFF, à la lueur de ces évolutions. De nombreuses études montrent en effet que les Français achètent des actions quand le CAC40 est haut, et vendent quand il est bas. Et si de nouveaux chocs politiques s’annoncent en 2017 ? « Pour nous, c’est justement de bons moments où il faut investir en actions, et sur un horizon lointain, 8-10 ans par exemple », ajoute José Fernandez.

« Renoncer à croire au Père Noël »

Reste à éviter les sorties de route. Pour cela, le mot d’ordre est toujours le même : diversification. Dans une tribune publiée le 22 décembre, Sandy Campart, le directeur de l’IUP banque finance assurance-IAE Caen, invite l’investisseur à « diversifier » et à se concentrer sur « la performance globale de son patrimoine plutôt que celle des classes d’actifs qui le composent ». Et, surtout, de renoncer à « croire au Père Noël », car « aucun support n’allie seul performance, absence de risque et liquidité ».

Quels types de fonds pour 2017 ?

José Fernandez conseille en priorité les « placements de décorrélation » : « Il faut diversifier, bien entendu, mais surtout chercher à parier sur le long terme avec des actifs peu sensibles aux chocs financiers. » Exemple : les « fonds à échéance, buy and hold, accessibles en direct ou via l’assurance-vie ». Le gestionnaire de fortune Yves Gambart de Lignières est sur la même longueur d’ondes, conseillant notamment les « fonds patrimoniaux », supports peu volatiles le plus souvent appelés « [Nom du gestionnaire] Patrimoine ». Toujours pour limiter les risques, José Fernandez livre un double conseil : « réaliser des versements programmés, en échelonnant l’investissement d’une somme en plusieurs fois, et être assez réactif dans l’écrêtage [la sécurisation, NDLR] des plus-values. »

L’immobilier, éternelle valeur sûre ?

Qu’il s’agisse du marché de l’investissement locatif, de l’immobilier neuf ou ancien, le bilan 2016 reste le même : très positif, avec des volumes de ventes record. « En 2016, l’immobilier sous toutes ses formes a attiré nos clients, aussi bien en direct via l’investissement Pinel que via les SCPI », témoigne ainsi José Fernandez, du réseau UFF. « Nous avons aussi réalisé une belle collecte sur les supports SCI de l’assurance-vie. » En 2017, ce réseau patrimonial prévoit « une activité importante du fait des taux toujours bas ». Est-ce opportun d’investir sur la pierre en 2017 ? « Ce n’est plus le moment », juge pour sa part le CGPI Yves Gambart de Lignières en faisant référence à la remontée des prix.

En savoir plus sur http://www.cbanque.com/actu/61233/quels-seront-les-placements-gagnants-en-2017#jMdt9KXTvkbKvRKp.99

Par Benoit Lety - Vendredi 23 Décembre - cbanque.com
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Un Livret A à 0% avec le nouveau calcul du taux !

Le gouvernement a officialisé ce week-end les nouvelles règles de révision du taux du Livret A. Si elles étaient appliquées aujourd’hui, le produit d’épargne vedette serait rémunéré à 0% !

L’arrêté (1) modifiant la règle de calcul automatique du taux du Livret A a été publié au Journal officiel du vendredi 11 novembre pour une entrée en vigueur samedi. Ce n’est pas une surprise : la réforme avait été dévoilée, dans ses grandes lignes, mercredi dernier, avec deux évolutions majeures :

  • un lissage sur 6 mois de la valeur des deux indices utilisés comme référence : l’inflation hors tabac et les taux monétaires ;
  • une suspension de la majoration de 0,25 point par rapport à l’inflation lorsque l’écart entre les valeurs des deux références (inflation et taux monétaires) est supérieur à 0,25 point.

Un taux théorique à 0%

Avec l’officialisation de la nouvelle formule de calcul, il est désormais possible (et tentant) de simuler ce que serait le taux du Livret A en cas d’application immédiate. Selon nos calculs, il serait tout simplement de… 0% !

Pour parvenir à ce résultat, nous avons calculé la moyenne sur les 6 derniers mois du taux d’inflation annuel hors tabac, le dernier indice connu étant celui de septembre 2016. Nous avons fait le choix de retenir une précision d’une décimale, à l’image de l’indice des prix à la consommation (IPC) communiqué par l’Insee.

Le taux d’inflation en septembre passe ainsi de 0,4% à 0,1% lorsqu’il est lissé sur 6 mois, comme le montre la comparaison des deux graphiques ci-dessous. Soit 0% une fois arrondi au quart de point le plus proche, comme le stipule la formule de calcul.

Avec l’ancienne formule, ce taux de 0% aurait toutefois été augmenté de 0,25 point, pour atteindre un taux du Livret A à 0,25%. Une majoration qui disparaît avec le nouveau procédé. Nous nous situons en effet dans le nouveau cas de figure dérogatoire : lorsque l’écart entre le taux monétaire et l’inflation est supérieur à 25 points de base, le surplus de 0,25% est suspendu.

En effet, l’écart entre la moyenne de l’Eonia (3) sur 6 mois (-0,337%) et la moyenne de l’inflation annuelle hors tabac sur 6 mois (0,1%) est actuellement de 0,437%. C’est d’ailleurs le cas presque systématiquement ces derniers temps : en 2016, l’écart n’a été inférieur à 0,25 point qu’à deux reprises, en mars et avril, et il a eu tendance depuis à s’accentuer.

Un arrondi qui change la donne

Dans le cas de figure décrit ci-dessus, si l’usage est de ne retenir qu’une décimale pour l’inflation, cela ne va pas sans poser problème dans le contexte actuel de taux bas. En retenant deux décimales sur le taux d’inflation lissé, celui-ci ressortirait à 0,13%. Suffisant pour faire passer le taux du Livret A, après arrondi, de 0% à 0,25%. Un effet de seuil considérable vu la faiblesse des taux actuels !

Plus d’inertie à la hausse et à la baisse

Résultat : en supprimant le coup de pouce d’un quart de point lorsque l’écart se creuse entre l’inflation et les taux monétaires, et en lissant sur 6 mois les indices de référence, la nouvelle formule va accroître l’inertie, aussi bien à la hausse qu’à la baisse, du taux du Livret A.

C’est d’ailleurs la raison d’être de la nouvelle formule : se prémunir d’un retour de l’inflation, et de ses conséquences sur le taux du Livret A. Une telle remontée, craint le gouvernement, serait en effet de nature à déstabiliser son bras financier, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui gère la majeure partie de l’encours du Livret A et l’utilise pour financer le logement social et la politique de la ville, notamment. Elle lui redonnerait en effet de l’attractivité et entraînerait des dépôts massifs des épargnants français, la CDC se retrouvant avec une ressource abondante mais très coûteuse et donc très difficile à prêter. Avec la nouvelle formule, ce scénario devient plus improbable.

Par ailleurs, le gouvernement conserve la possibilité de déroger à l’application de la formule, en accord avec le gouverneur de la Banque de France. Un pouvoir qu’il a largement utilisé pour contenir la baisse du taux du Livret A depuis 4 ans. Avec un retour de l’inflation, la tentation pourrait même être inverse : celle de faire remonter ce taux plus rapidement que ce qu’affichera la nouvelle formule de calcul.

(1) Arrêté du 10 novembre 2016 modifiant le règlement du Comité de la réglementation bancaire n° 86-13 du 14 mai 1986 relatif à la rémunération des fonds reçus par les établissements de crédit. (2) Institut national de la statistique et des études économiques. (3) L’arrêté supprime la référence à l’Euribor 3 mois, autre taux monétaire, pour ne conserver que l’Eonia.

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Vincent Mignot - 14/11/2016 - Cbanque.fr
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Les livrets bancaires sont de moins en moins compétitifs…

Jamais depuis deux ans, leurs taux n’ont été aussi faibles comparés à celui du Livret A (pourtant bien maigre). Rares sont les produits qui laissent espérer plus qu’avec un livret réglementé

Les épargnants se plaignent régulièrement du taux du Livret A (qui pourrait en théorie passer de 0,75% à 0,50% en août prochain). Mais l’herbe n’est pas vraiment plus verte ailleurs. Le Livret A apparaît même en grande forme par rapport aux livrets ordinaires proposés par les banques.

Chaque mois, L’Argent & Vous analyse 11 produits parmi les plus importants du marché. Or, depuis juin, le taux moyen de ces livrets a encore baissé. En un mois, il est passé de 0,80% à 0,73%, plusieurs établissements ayant décidé de raboter une nouvelle fois les rendements offerts.

Le poids de la fiscalité

Le taux moyen est donc passé en dessous de celui du Livret A. Et ceci, sans tenir compte de la fiscalité qui affecte ces produits d’épargne (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux). Rien qu’en enlevant les prélèvements sociaux (à 15,5%), le taux moyen du marché chute à 0,62%, soit 0,13 point de moins que le Livret A.

Depuis juillet 2014 (date de notre première analyse), les livrets bancaires n’ont jamais été aussi peu compétitifs. En août 2014, les livrets bancaires laissaient par exemple espérer une rémunération nette de prélèvement supérieure de 0,26 point à celle du Livret A.

En ajoutant l’impôt, la comparaison est encore plus défavorable aux produits bancaires. Pour faire mieux qu’avec un Livret A, un épargnant imposé dans la tranche d’IR à 14% doit obtenir 1,05% brut, ce que ne proposent que 2 de nos 11 livrets. Pour un contribuable imposé à 30%, l’exigence de rendement monte même à 1,34%. Un seuil que seul 1 livret dépasse (Zesto de RCI Banque).

Les promotions ne changent pas la donne

Bien entendu, il ne s’agit là que des taux de base. Certains établissements proposent aussi des promotions pour doper le rendement. Mais là encore, la situation est moins favorable que par le passé. Pour un placement à 12 mois (promotions incluses), 3 livrets seulement laissent espérer plus qu’avec un Livret A une fois la fiscalité déduite (dans la tranche à 14% ou à 30%).

Reste à savoir quelle serait la situation en cas de baisse du taux du Livret A à 0,5%. Il apparaît que les données ne changeraient qu’à la marge. Pour un épargnant imposé à 30%, 4 livrets seulement permettrait de gagner plus qu’avec un Livret A une fois la fiscalité retirée.

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Olivier Decarre - 18/07/2016 - Boursier.com
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Rachat de crédits : un taux d’usure sur mesure.

Les spécialistes du regroupement de crédit ont obtenu gain de cause : un arrêté publié le week-end dernier devrait permettre à la Banque de France de créer un nouveau seuil de l’usure pour ces opérations, dont le modèle économique était remis en cause par la directive européenne sur le crédit hypothécaire, dite MCD. Explications.

Le 23 février dernier, Jean-Bernard Valade, directeur des relations publiques de Premista, un des poids lourds français du regroupement de crédits, tirait la sonnette d’alarme sur cBanque : selon lui, 25.000 familles mal endettées risquaient à terme de ne plus avoir accès au regroupement de crédits leur permettant de rééchelonner leur dette. En cause, la directive européenne sur le crédit hypothécaire (dite MCD), récemment transposée en droit français.

Le texte européen revient en effet sur une mesure prise en 2010 dans le cadre de la loi Lagarde : lorsque dans le cadre d’un regroupement de crédits, le prêt immobilier dépasse 60% du montant total refinancé, la nouvelle créance est considérée comme un prêt immobilier ; sinon, le regroupement est considéré comme un prêt à la consommation. La différence ? Le taux d’usure, c’est-à-dire le taux effectif global maximum pouvant être pratiqué pour un type donné de crédit : 4,05% actuellement dans le cas d’un prêt immobilier à taux fixe, et 7,63% pour un crédit conso de plus de 6.000 euros.

La directive MCD, toutefois, supprime cette distinction et considère que tout crédit comportant une garantie, sous forme d’hypothèque ou de cautionnement, est nécessairement un prêt immobilier, y compris dans le cadre d’un regroupement comportant également un prêt à la consommation. Résultat : avec un taux maximum légal du crédit immobilier historiquement bas, les spécialistes du regroupement de crédits craignaient de ne plus pouvoir couvrir leurs risques sur certains dossiers, donc de les refuser et de faire au passage une croix sur une partie de leur chiffre d’affaires.

La profession obtient le statu quo

Les sociétés spécialisées ont fini par trouver la parade : modifier la réglementation sur l’usure pour qu’elles prennent en compte le seuil de 60%. Elles se sont alors lancées dans une intense campagne de lobbying, d’abord auprès de la direction générale du Trésor, puis au CCSF, l’organe de concertation des parties prenantes du secteur financier. Un effort qui a abouti à la publication, le 19 juin au Journal officiel, d’un arrêté (1) qui devrait ouvrir la porte, selon Jean-Bernard Valade, à une modification par la Banque de France des catégories de prêts prises en compte pour les seuils de l’usure.

Que permet cet arrêté ? Tout simplement de préserver le statu quo. « On ne demandait pas autre chose », commente Jean-Bernard Valade, « particulièrement content » d’avoir réussi à se faire entendre. Selon le texte en effet, sont incluses dans les opérations soumises au taux d’usure des crédits immobiliers, les « opérations de crédit destinées à regrouper des crédits antérieurs comprenant un ou des [crédits immobiliers] dont la part relative dépasse 60% du montant de l’opération ». Soit le maintien, par d’autres moyens, de la règle en vigueur depuis 2010.

(1) Arrêté du 16 juin 2016 portant modification de l’arrêté du 24 août 2006 fixant les catégories de prêts servant de base à l’application de l’article L. 313-3 du code de la consommation et de l’article L. 313-5-1 du code monétaire et financier, relatifs à l’usure

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Vincent Mignot - 22/06/2016 - cbanque.com
Source photo : cbanque.com

Quel avenir pour les réseaux bancaires ?

Le mouvement de fermeture d’une partie des agences bancaires entamé en 2009, qui s’explique par une conjonction de facteurs, devrait se poursuivre sur un rythme de 3 % par an d’ici 2020, selon le cabinet Sia Partners.

 

2009 a été l’année du point d’inflexion de la courbe du nombre d’agences en France, qui était jusque-là en progression constante. Cette année-là, Sia Partners publiait une étude qui brisait le tabou des fermetures d’agences dans les banques de détail : le cabinet de conseil en stratégie prédisait alors la fermeture de 750 à 1 100 agences entre 2009 et 2012.

Les annonces de fermetures se sont succédé depuis, et la France a perdu plus de 1 100 agences (-2,8 % du parc) entre 2008 et 2014, selon les statistiques de la Banque centrale européenne (BCE). En 2013, le pays est tombé sous le seuil des 38 000 agences bancaires (points de vente de La Banque Postale compris), et la France passera sous la barre des 37 000 agences courant 2016, en tenant compte uniquement des annonces faites par les différents réseaux.

Malgré cela, la France conserve le parc le plus dense de l’Union européenne, avec 570 agences pour 1 million d’habitants en 2014, selon la BCE. Si on y ajoute les quelque 58 640 distributeurs automatiques de billets recensés en 2014, en constante augmentation (55 000 en 2009, 20 000 en 1994), les Français ont largement de quoi entrer en contact avec leur banque. En outre, 82 % des internautes consultent régulièrement le site Internet de leur banque, et 30 % d’entre eux accèdent à leurs comptes via leurs smartphones.

La France est un des seuls pays qui présente à la fois une telle densité d’agences et autant d’utilisateurs de banque en ligne. Ce paradoxe se traduit par une tendance, irrémédiable, à la baisse de la fréquentation des agences. Les chiffres montrent une tendance nette : 1 client sur 2 se rendait plus d’une fois par mois en agence en 2010, ils ont été moins de 1 sur 5 à maintenir ce rythme en 2015.

PNB sous pression

Ce phénomène est d’autant plus sensible qu’il s’inscrit dans un contexte de baisse des revenus des réseaux et de hausse des coûts des implantations (coût du foncier, sécurité, travaux et infrastructures, frais de personnel, etc.).

Le produit net bancaire (PNB) des banques de détail en France est désormais sous pression. Il a commencé à se contracter en 2012, avec une baisse de 3,2 % sur un an. La pression est réglementaire tout d’abord, avec les impacts de la loi Macron et de MIFID2. S’y ajoute la pression du plafonnement des commissions. Cette pression est concurrentielle également, entre banques traditionnelles mais aussi avec les banques en ligne qui ont réussi à imposer un modèle de gratuité, et avec les nouveaux acteurs FinTech qui sont en train de bouleverser quasiment toutes les activités bancaires (épargne financière, paiement, agrégateurs…), même si on ne sait pas encore mesurer précisément aujourd’hui leurs impacts à venir sur le marché.

La rentabilité de la banque de détail a commencé à baisser en 2012, comme la marge nette d’intérêt, principale composante du PNB, qui avait augmenté entre 2007 et 2011 en raison d’effets opportuns liés aux conditions économiques et de la baisse des taux. Depuis 2012, la marge nette d’intérêt baisse car les taux restent durablement très bas, et elle ne pourra plus compenser les baisses de commissions comme elle l’a fait précédemment. Or ces commissions vont continuer à être fortement sous pression du fait de la réglementation notamment. Les grandes banques françaises ont toutefois réussi à limiter les dégâts en publiant des résultats 2015 en très légère hausse (+1,5 % pour le PNB de la banque de détail) par rapport à 2014.

Reconfiguration

La morosité des résultats des banques de détail traduit également la difficulté à trouver de nouveaux relais de croissance pour cette industrie en France. L’essor des canaux web et mobile ouvre de nouvelles perspectives de consommation bancaire et permet d’envisager de nouveaux schémas de distribution plus rentables, mais il est également probable qu’il accélère le mouvement des fermetures d’agences.

Enfin, la dispersion des effectifs dans de nombreuses agences entraîne des coûts de plus en plus importants. D’une part, la multiplicité des offres commerciales nécessite des efforts en termes d’animation des ventes d’autant plus importants que les déploiements doivent être de plus en plus réactifs par rapport au marché et à la concurrence. D’autre part, les exigences accrues en termes de contrôles et notamment de conformité imposent le renforcement des dispositifs ad hoc au plus près des opérations.

Tous ces facteurs militent pour une reconfiguration des réseaux. Le mouvement de réduction du nombre d’agences est enclenché, c’est une certitude. La question est de savoir comment cette tendance va évoluer.

Réseaux nationaux

On pourrait très bien imaginer que le rythme de fermeture se stabilise ou même que le nombre d’agences en France ait atteint un plancher. L’observation de ce qui se passe chez nos voisins européens peut éclairer la question. Le nombre d’agences en France a baissé « seulement » de moins de 5 % entre 2010 et 2014 (il avait cru en 2008-2009 avec l’arrivée sur le marché de La Banque Postale et de son important réseau de points de contact). Ce chiffre doit être comparé avec ceux de l’Allemagne (-11 %), du Royaume-Uni (-8 %), de l’Italie (-10 %) et de la Belgique (-16 %), sur la même période.

Au-delà de ces exemples, on constate que la France enregistre le plus faible taux de décroissance comparé à l’ensemble des pays d’Europe, alors même que ceux-ci avaient des taux de densité très inférieurs à la France. En 2010, la France comptait 1 676 habitants pour une agence quand cette densité était de 4 997 au Royaume-Uni, 2 077 en Allemagne, 1 771 en Italie et 2 400 en Belgique.

Cette comparaison avec nos voisins européens incite à penser que l’érosion est plus faible en France pour des raisons culturelles et sociales essentiellement, et pas parce que les besoins bancaires le justifient.

Un deuxième élément de réponse peut être cherché dans l’analyse de la typologie des fermetures et des annonces. En effet, aujourd’hui, la baisse provient essentiellement des grands réseaux nationaux : Société Générale, BNP Paribas et LCL sont en tête du nombre de fermetures depuis 2010 (les trois enseignes totalisant 350 fermetures d’agences entre 2010 et 2014). Dans le même temps, les mutualistes n’ont quasiment pas touché à leurs réseaux. Les Banques populaires ayant même légèrement augmenté le nombre de leurs implantations.

Or les trois réseaux nationaux précités ne représentent « que » 18 % du nombre d’agences sur le territoire. Ainsi, quand Société Générale annonce la fermeture de 20 % de son réseau à horizon 2020, cela représente environ 400 agences. Si l’ensemble des banques mutualistes (Caisses d’Épargne, Banques Populaires, Caisses Régionales de Crédit Agricole, Caisses de Crédit Mutuel) adoptait la même tendance, ce serait alors presque 4 000 agences qui disparaîtraient.

Groupes mutualistes

Bien entendu, aucune annonce n’a été faite dans ce sens et les responsables des groupes mutualistes restent très discrets sur la question. Ils se cachent d’ailleurs, à juste titre, derrière la gouvernance spécifique de ces groupes dans lesquels ces choix dépendent du directeur général ou du président de la banque ou de la caisse locale, et non pas au niveau du groupe.

En outre, les banques mutualistes ont une emprise locale souvent plus forte. Ces établissements ont une proximité avec les clients locaux et les pouvoirs publics. Cette présence est un avantage commercial évident mais c’est aussi une difficulté et un frein au redimensionnement des réseaux. Il est en effet difficile de fermer des agences dans une commune alors que vous financez la communauté de communes, le Conseil général ou le Conseil régional. C’est aussi un frein car les négociations politiques vont ralentir la mise en œuvre de cette stratégie.

Toutefois, même si les difficultés existent, les banques mutualistes finiront sans doute par suivre le mouvement. Certainement pas avec la même ampleur que la Société Générale ni avec le même rythme, mais le coût de fonctionnement de leurs petites agences et les contraintes qui leur incombent sont difficilement compatibles avec la baisse de fréquentation constatée. La caisse régionale du Crédit Agricole Ile-de-France a ainsi entamé son plan de fermeture de 50 agences, ce qui représente quand même 15 % de son réseau.

Chez les mutualistes, il ne s’agira pas d’une désertification du territoire. Mais des regroupements de plusieurs petites agences, séparées seulement de quelques kilomètres, vont s’opérer, pour augmenter les plages d’ouverture, améliorer l’accueil client et la qualité du service et de l’expertise proposés. Cette équation n’est pas possible aujourd’hui avec un réseau dans lequel le tiers des agences compte trois collaborateurs ou moins.

Un autre acteur de poids pourrait changer la donne. La Banque Postale, qui porte une partie importante des coûts du réseau des bureaux de poste, pourrait bien chercher à se concentrer afin de déployer plus facilement de l’expertise, dans une logique de baisse des coûts rendus sensibles par la morosité des résultats. Or, aujourd’hui, La Banque Postale compte plus de 17 000 points de vente, c’est-à-dire près du double de LCL, Société Générale et BNP Paribas réunis. Une réduction du maillage de cette banque aurait donc également un impact très significatif sur le nombre total d’agences en France.

Accueil partagé

Ces éléments semblent confirmer la thèse selon laquelle la réduction des réseaux va se poursuivre. Une fois ce fait acquis, la question est de savoir quels seront l’ampleur et le calendrier du mouvement.

Or les fermetures d’agences ne se pensent plus aujourd’hui qu’en termes de « géomarketing ». L’optimisation du réseau nécessite de repenser le parcours clients en agence et d’intégrer celle-ci dans une vision omnicanal. L’agence bancaire conserve en effet une place essentielle dans les nouveaux modèles de distribution, en se recentrant sur la promotion des offres (vitrine commerciale) et sur l’apport d’expertise dans les moments clés de la relation (acquisition immobilière, épargne de précaution, départ en retraite, transmission, etc.).

Cette transition, qui marque le renouveau de l’agence bancaire, se traduit par la redéfinition des parcours client et impose de revisiter les schémas d’accueil pour gagner en simplicité et en efficacité.

De fait, le métier de chargé d’accueil tend à disparaître au profit d’un modèle d’accueil partagé ou l’ensemble du personnel de l’agence s’investit dans l’accueil des clients (On compte moins de 13 000 chargés d’accueil aujourd’hui alors qu’ils étaient plus de 21 000 en 2009). Tous les collaborateurs de l’agence doivent être en mesure d’accueillir la clientèle en couvrant l’ensemble des situations clients, et ce quel que soit le mode de contact (visite en agence ou contact distant via téléphone, mail ou visioconférence).

34 000 agences en 2020

À partir de l’ensemble de ces constats, Sia Partners prévoit que les banques vont accélérer le rythme de fermetures sans toutefois aller au-delà de 3 % de fermetures par an au global. Dans ce scénario, ce serait environ 3 000 points de vente qui seraient supprimés d’ici 3 ans, ramenant leur nombre entre 34 et 35 000 agences en France à horizon 2020.

Même dans l’hypothèse la plus forte, c’est-à-dire en imaginant que la France ne compterait « plus que » 34 000 agences sur son territoire en 2020, elle n’aurait pourtant connu qu’une baisse de 12 % par rapport à 2010, loin de la tendance actuelle de ses voisins européens.

En outre, la France proposerait encore une agence pour 1 800 habitants environ, encore très en dessous de la moyenne européenne (aujourd’hui à 2 120 habitants par agence), alors que dans le même temps cette moyenne va continuer à augmenter.

Il est peu probable que le mouvement ne prenne une forme plus violente d’ici à 2020, compte tenu des freins sociaux et culturels déjà mentionnés. Le mouvement se poursuivra vraisemblablement encore progressivement, même s’il est difficile de fixer un calendrier dès aujourd’hui et de prévoir le niveau final du nombre d’agences en France sans tomber dans la science-fiction.

Pour plus d’information : Finance SAS

Anatole de la Brosse - 26/04/2016 - revue-banque.fr

Courtiers IOB: les raisons du succès

Courtiers IOB: les trois raisons du succès

En collaboration avec ses partenaires courtiers IOB, un sondage réalisé par interbanque Institut auprès d’un panel de 2300 propriétaires, emprunteurs d’un prêt immobilier négocié par ces courtiers, démontre l’intérêt porté sur le service proposé et les raisons qui ont motivé ces clients à choisir la proposition de l’intermédiaire.


Parmi ces trois raisons, laquelle a été déterminante pour choisir la proposition de votre courtier ?

Le taux, pour 35% des clients sondés

Un pourcentage surprenant tant le taux semble la référence des clients en matière de choix. Mais un taux compétitif justifie sa valeur que s’il est utilisé jusqu’au bout. La réalité pour les primo-accédants, démontre que la durée de vie moyenne de leur prêt est rarement supérieure à sept ans. Changement du lieu de travail, union ou séparation, modification de la cellule familiale, sont les principales causes d’une revente anticipée par ces nouveaux propriétaires, majoritairement représentatifs de la clientèle des courtiers.

Un taux inférieur de 0,10 point représente un gain total sur sept ans de 750€ pour un montant moyen constaté de 160 000€ sur 22 ans. Les courtiers savent mettre l’accent sur ce résultat lorsque ces clients n’envisagent pas de rester toute une vie dans leur studio ou deux pièces. Ils démontrent qu’à choisir, d’autres facteurs sont bien plus déterminants que la performance du taux lorsqu’il s’agit de réaliser des économies immédiates ou à court terme.

Le professionnalisme, pour 33% des clients sondés

Le professionnalisme s’apprécie de différentes façons selon la clientèle, et les commentaires varient en fonction de leurs attentes.
Les facteurs majeurs qui jouent dans l’appréciation de cette notion ont été classés dans cet ordre :

La technicité du courtier lorsqu’il s’agit de décrypter les exigences de son client, de construire un financement conforme à ses attentes et d’expliquer clairement le mécanisme du produit proposé par une démonstration qui l’illustre.

L’écoute, qui selon eux est déterminante. Ils attendent une solution financière qui tienne compte du confort de leur quotidien, qui anticipe leurs projets et réponde aux incertitudes d’un engagement à priori à long terme. Plus que la performance globale du financement, ils veulent avoir un interlocuteur capable de comprendre comment ils souhaitent vivre leur crédit.

Le suivi commercial est essentiel pour assurer une information centralisée, et ce résultat en démontre l’intérêt. Les clients apprécient le confort d’un pilotage sans aller chercher l’information, lorsque le professionnel s’engage à la provoquer.

Le gain de temps, pour 32% des clients sondés

« Faites le tour des banques en un seul rendez-vous » confirme que l’argument n’est pas usurpé. Par manque de disponibilité ou de difficulté à être reçu rapidement, les clients consultent en moyenne moins de trois organismes prêteurs.

La plupart des emprunteurs se contentent de faire l’aller-retour d’une enseigne concurrente à leur banque pour revenir négocier un meilleur taux. Les courtiers sont unanimes sur ce constat : une banque n’est compétitive que durant trois mois au cours d’une année, ce qui réduit d’autant les chances d’un emprunteur de consulter au bon moment le meilleur concurrent. Si les importantes consultations des sites en ligne confirment ce besoin d’information rapide, les courtiers spécialistes du web ont également compris qu’une rencontre physique reste essentielle à la satisfaction leur clientèle.

Pour plus d’information : Finance SAS

30/11/15 - interbanque-institut.fr

Le PTZ 2016 : mode d’emploi pour en profiter.

Entré en vigueur depuis le 1er janvier 2016, le nouveau Prêt à taux zéro permet à davantage de ménages d’accéder à la propriété. Plafonds de ressources, montants d’emprunt, durées de remboursement, logements neufs et anciens…suivez le guide !

C’est l’une des mesures phares de l’année 2016.  La réforme du prêt à taux zéro,  va peut–être permettre à de nombreux particuliers de devenir propriétaires de leur résidence principale. En effet, la mesure est effective depuis le 1er janvier 2016 sur l’ensemble du territoire. Désormais, les plafonds de ressources sont relevés, le montant d’emprunt est augmenté, la durée de remboursement est différée. Avec ce coup de pouce,  le gouvernement table sur la distribution d’environ 120.000 PTZ en 2016, c’est à dire plus du double qu’en 2015.

QUI A DROIT AU PRÊT À TAUX ZÉRO ?

Tout emprunteur qui souhaite acquérir une maison ou un appartement pour la première fois, et ce, à titre de résidence principale. Pour bénéficier du PTZ, crédit sans intérêt, financé par l’Etat, l’emprunteur, ne doit pas avoir été propriétaire au cours des deux dernières années précédant l’offre de prêt. La loi de finances 2016 conditionne l’obligation d’occuper le logement à au moins 8 mois par an et pendant une durée minimale de 6 ans (à compter du premier déblocage de fonds). Le logement ne peut être ni affecté à la location saisonnière ou meublée, ni utilisé comme résidence secondaire. Le PTZ peut être obtenu auprès de sa banque ou d’un établissement de crédit qui a passé une convention avec l’Etat.

DES PLAFONDS DE REVENUS RELEVÉS

Afin de permettre à davantage de particuliers de bénéficier du PTZ, les plafonds de revenus nécessaires à l’obtention du PTZ sont relevés à la hausse. Les conditions d’éligibilité au Prêt accession sociale (PAS), sont harmonisées sur celles de ce nouveau PTZ. Pour un couple avec 2 enfants en zone A (zone la plus tendue), le plafond d’éligibilité est porté à 74 000 € /an, contre 72 000 € en 2015. Illustration avec le tableau ci-dessous.

  ZONE A ZONE B1 ZONE B2 ZONE C
CÉLIBATAIRE EN 2015 36 000 € 26 000 € 24 000 € 22 000 €
CÉLIBATAIRE EN 2016 37 000 € 30 000 € 27 000 € 24 000 €
COUPLE AVEC 2 ENFANTS EN 2015 72 000 € 52 000 € 48 000 € 44 000 €
COUPLE AVEC 2 ENFANTS EN 2016 74 000 € 60 000 € 54 000 € 48 000 €

 Liste des zones 

DES MONTANTS D’EMPRUNT AUGMENTÉS

Le PTZ permet de financer jusqu’à 40 % d’un logement neuf (contre 18 à 26 % selon les zones géographiques auparavant) partout en France. Dans l’ancien, le PTZ pour l’achat d’un logement à réhabiliter est valable sur tout le territoire, y compris les grandes villes (contre 5 900 communes rurales en 2015). Pour en bénéficier, le montant des travaux doit être au moins égal à 25 % du coût total de l’opération. Les travaux devront être réalisés dans un délai de trois ans à compter de l’émission de l’offre de prêt.

DES DURÉES DE REMBOURSEMENT ALLONGÉES

Afin de réduire les mensualités de prêt, les remboursements du PTZ peuvent être différés de 5, 10 ou 15 ans en fonction de la composition du ménage et de ses revenus. Pour les familles les plus modestes, il est même possible d’allonger le prêt sur 20 ans.  Par ailleurs, les tranches de remboursement sont ramenées de 5 à 3.

UN CUMUL POSSIBLE DU PTZ AVEC D’AUTRES PRÊTS

Le Prêt à taux zéro de l’Etat peut-être cumulé avec d’autres prêts comme le Prêt conventionné, le prêt d’épargne logement, l’éco PTZ mais aussi  des prêts locaux proposés par certaines villes ou collectivités. Il faut se renseigner auprès de sa mairie ou de l’ANIL. Par ailleurs, en cas de construction d’un logement neuf, de reconstruction ou d’agrandissement d’un bâtiment qui nécessite une autorisation,  le PTZ peut d’accompagner d’un abattement sur la taxe d’aménagement.

DES SIMULATEURS DE PTZ EN LIGNE

Il existe sur internet de nombreux simulateurs pour calculer son prêt. Le ministère du logement met en ligne un « calculateur PTZ » qui permet de savoir si vous êtes éligible, de connaître le montant du crédit gratuit et les conditions de remboursement. Il y a également un numéro de téléphone le 0 806 120 120, un service gratuit avec des conseillers, mis en place par le ministère du logement et de l’égalité des territoires.

2016, L’ANNÉE DE LA PRIMO-ACCESSION ?

Dans un contexte de reprise de l’activité du secteur de l’immobilier, avec des prix qui se stabilisent dans les grandes villes, des taux de crédit qui devraient rester attractifs, la réforme du PTZ a des chances de rencontrer un vif succès. Ce coup de pouce est une bonne nouvelle pour ceux qui achètent pour la première fois leur résidence principale, mais aussi pour les professionnels du bâtiment qui comptent sur cette mesure pour relancer la construction. En dépit d’incertitudes économiques et fiscales, l’année 2016, sera sans doute celle de la primo-accession.  

Pour plus d’information : Finance SAS

M. Olivier MARIN - 02/01/2016 - Explorimmo.com

Relation bancaire : L’agence fait de la résistance !

Bien que cédant peu à peu du terrain face aux canaux numériques, l’agence reste privilégiée pour les opérations complexes, selon Deloitte. Toutefois, les clients attendent plus de compétence de la part de leurs conseillers.

Ce n’est guère une surprise : Les services bancaires en ligne gagnent progressivement du terrain sur les agences. La cinquième étude de Deloitte sur la relation banque-clients le confirme. Aujourd’hui, 82% des Français utilisent Internet pour consulter leurs comptes et 30% ont même recours au mobile. En comparaison, ils ne sont plus que 13% à passer par leur agence.

Idem pour la gestion des opérations courantes. Avec 76%, Internet devance l’agence dont le score (24%) a d’ailleurs reculé de 6 points en un an.

Internet peu utilisé pour les opérations complexes

Pour autant, dire que l’agence est désormais délaissée serait faux. Elle demeure en effet le canal privilégié lorsqu’il s’agit de traiter des opérations complexes. L’agence (47%) arrive ici loin devant Internet, que ce soit en fixe (14%) ou en mobile (4%).

Même si 32% des clients pourraient ouvrir un compte ailleurs que dans une banque traditionnelle, ceci tend à prouver que les Français ne sont pas encore prêts à abandonner totalement leur agence pour passer au tout numérique…. Un constat qui était d’ailleurs déjà de mise à la lecture d’une étude publiée par Panorabanques l’an passé.

Plus de valeur ajoutée sur le conseil

Reste que si l’agence a visiblement encore de l’avenir, elle va devoir s’adapter. 57% des Français selon Deloitte souhaiteraient que leur conseiller ait de solides compétences techniques. Un élément qui montre qu’aux yeux des clients, les banques ont peut-être trop insisté sur le rôle commercial des conseillers et pas assez sur leur rôle d’accompagnement.

Comme l’indique Daniel Pion, associé conseil industrie financière secteur banque de détail chez Deloitte, « la question n’est plus de savoir combien (il faudra) de conseillers demain, mais où et comment fournir du conseil ». Il faut dire que le constat des clients est sévère. 32% considèrent déjà en savoir plus que leur conseiller sur la gestion de leur budget.

Pour plus d’information : Finance SAS

Olivier DECARRE - 18/09/2015 - Boursier.com